FIN DE L’ACCÈS EN AUTOMÉDICATION DES SPÉCIALITÉS ANTALGIQUES CONTENANT DE LA CODÉINE

En 2016, des actions d’information ont été réalisées en mars 2016 pour alerter les professionnels concernés sur le phénomène croissant d’abus de codéine notamment chez les adolescents et jeunes adultes et en particulier quand elle est associée à d’autres produits dans les mélanges appelés Purple Drank ou Lean. Cette mesure a été prise dans le contexte d’une augmentation des signaux d’addictovigilance depuis 5 ans concernant le mésusage de cette substance chez les adolescents et jeunes adultes avec un nombre croissant de cas d’overdoses et de décès.  Cette mesure de levée de l’exonération d’inscription à la liste 1 des substances vénéneuses de la codéine devrait rapidement et significativement limiter l’accessibilité aux médicaments antalgiques concernés, détournés pour leurs effets psycho-actifs, anxiolytiques, sédatifs voire psychostimulants. En effet, des informations répétées auprès de différents acteurs et notamment des pharmaciens n’ont pas permis de limiter ce phénomène de consommation à risque de dépendance voire d’overdose. Au-delà du problème de l’abus de substances chez les adolescents qui ne peut pas se limiter uniquement à des approches réglementaires, cette mesure devrait aussi avoir un impact chez les adultes qui présente un usage inapproprié ou abusif de ces substances et leur permettre de rentrer dans une véritable démarche de soins soit pour prendre correctement en charge la pathologie sous-jacente à l’origine de cette consommation (douleur chronique, anxiété chronique, dépression, trouble du sommeil, dépendance auto-substituée) soit pour initier un sevrage médicamenteux. Concernant la douleur aiguë, c’est un signe d’alerte dont l’intensité peut être associée à un critère de gravité (carie dentaire surinfectée, entorse d’apparence légère associée à une fracture, céphalées à répétition …). Une douleur aiguë qui ne céderait pas au paracétamol ou à l’ibuprofène, pourrait aussi légitimement bénéficier d’un avis médical pour être explorée en termes d’étiologies, car toutes les douleurs ne relèvent pas d’un antalgique opioïde. Ils sont même parfois fortement déconseillés comme pour les douleurs dysfonctionnelles telles que la fibromyalgie ou la migraine. Le rôle du pharmacien, acteur de soins primaires, via une véritable consultation pharmaceutique, pourrait être aussi d’essayer de discriminer les plaintes douloureuses qui relèveraient d’un avis médical ou d’une automédication.

Extrait du site www.addictauvergne.fr

 

Arrêté du 12 juillet 2017 portant modification des exonérations à la réglementation des substances vénéneuses. JORF n°0165 du 16 juillet 2017. https://www.legifrance.gouv.fr/eli/arrete/2017/7/12/SSAP1720470A/jo