Le Tramadol, toujours première molécule impliquée dans les décès liés aux antalgiques en France

L’enquête annuelle prospective Décès Toxiques par Antalgiques (DTA) de l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé (ANSM) a pour objectifs de recueillir les cas de décès liés à l’usage de médicaments antalgiques, d’identifier les médicaments impliqués, d’évaluer leur dangerosité et d’estimer l’évolution du nombre de ces décès.

Cette étude a été décidée après l’annonce du retrait du marché des spécialités contenant du dextropropoxyphène en juin 2009, et en raison d’un risque de report vers d’autres substances actives antalgiques dont le profil de sécurité d’emploi peut être moins favorable, en particulier le tramadol.

Ces décès sont notifiés par des toxicologues analystes volontaires et experts judiciaires ainsi que par les centres addictovigilance (CEIP-A).

Parmi les 94 dossiers collectés en 2016, on compte 84 décès directs dont 63 cas (75 %) de décès toxiques sans autre précision, 20 cas (24 %) de suicides et 1 cas dont le contexte est inconnu.

 

Les 4 molécules principalement impliquées dans ces décès sont : le tramadol, la morphine, la codéine et l’oxycodone.

On note aussi 5 décès imputables au paracétamol (dont 2 cas dans un contexte suicidaire) et 4 décès imputables au fentanyl (dont 1 cas dans un contexte suicidaire).

 

Au total, le nombre de déclarations est stable depuis 2015. Les faits marquants sont les suivants :

  • Les décès imputables au tramadol augmentent (44 %) au détriment de ceux liés à la morphine (26 %) et à la codéine ( 19 %),
  • le nombre de décès à l’oxycodone (9,5 %), au paracétamol et au fentanyl reste stable.

Enquête DTA (Décès Toxiques Antalgiques) coordonnée par le Centre Addictovigilance (CEIP) de Grenoble. http://www.addictovigilance.fr

Source : ANSM –http://ansm.sante.fr/Declarer-un-effet-indesirable/Pharmacodependance-Addictovigilance/Outils-de-surveillance-et-d-evaluation-Resultats-d-enquetes/(offset)/5#paragraph_92017