L’ETHOSUXIMIDE, UN ANTIEPILEPTIQUE, COMME PISTE PHARMACOLOGIQUE DANS LE TRAITEMENT DES DOULEURS NEUROPATHIQUES ?

La prévalence de la douleur neuropathique est estimée à 7-8% de la population dans les pays industrialisés et jusqu’à 40% des patients traités sont peu ou pas du tout soulagés par les traitements antidouleur actuels. Les douleurs neuropathiques peuvent perdurer plusieurs années et le manque de traitement favorise le développement d’anxiété, de dépression et de troubles du sommeil qui nuisent à la qualité de vie des patients. Elle génère des coûts de santé supplémentaires considérables (par exemple, 10 313 euros par patient et par an en France). Ainsi, il y a un besoin urgent de développer de nouvelles thérapeutiques pour traiter la douleur neuropathique.

Pour répondre à cette problématique, l’UMR Inserm 1107 Neuro-Dol étudie depuis plusieurs années de nouvelles cibles pharmacologiques afin de découvrir de nouveaux traitements antidouleur. Une de ces cibles est une protéine appelée « canal calcique de type T ». Il est aujourd’hui bien démontré que les canaux calciques de type T modulent la perception de la douleur et sont impliqués dans la nociception et la pathophysiologie de la douleur chronique, de par leur implication dans l’activité neuronale. De nombreuses études chez l’animal ont montré que leur inhibition, par diverses molécules, induisait un effet antidouleur, particulièrement sur les douleurs neuropathiques. Une de ces molécules est l’éthosuximide, qui est actuellement utilisée en médecine pour traiter les crises d’épilepsie, mais n’a aucune indication pour traiter la douleur. Partant de ce constat, pour la première fois, cette équipe a donc évalué si l’éthosuximide avait un potentiel intérêt thérapeutique pour traiter les douleurs neuropathiques chez le patient.

Cette première étude ne démontre aucun effet antidouleur probant de l’éthosuximide chez des patients ayant une douleur neuropathique (contrairement à ce qui est démontré chez l’animal). Cependant, malgré ces résultats globalement négatifs, l’aspect positifs de certains résultats justifie de ne pas éliminer l’utilisation de l’éthosuximide et le concept de blocage des canaux calciques de type T comme solution thérapeutique potentielle pour le traitement de la douleur neuropathique. Suite à cette première étude, une seconde étude prévoit d’évaluer l’intérêt de doses plus faibles, donc mieux tolérées, d’éthosuximide pour obtenir un meilleur ratio bénéfice-risque dans le soulagement des douleurs neuropathiques.

 

Source:https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/29577519

Retrouvez ici le protocole publié de l’étude EDONOT : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27986742

Résumé des Caractéristiques du Produit : http://base-donnees-publique.medicaments.gouv.fr/affichageDoc.php?specid=68481191&typedoc=R