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Médicaments antidouleurs opioïdes forts : données essentielles d’addictovigilance.

Le Respadd, en partenariat avec l’OFMA vient de publier un livret de promotion de bon usage des médicaments antalgiques opioïdes, financé par la Direction Générale de la Santé.

Nous vous présentons un extrait de ce livret rédigé par les membres du réseau des centres d’addictovigilance sur l’analyse des données portant sur les cas de mésusage, abus et addiction aux antalgiques opioïdes dits forts (morphine, oxycodone, fentanyl).

FENTANYL TRANSMUQUEUX (Actiq, Abstral, Pecfen, Instanyl …) : La problématique mise en avant est celle de patients présentant un abus et/ou une dépendance, très majoritairement primaire, suite à un traitement par fentanyl transmuqueux qui, pour 72 % d’entre eux, n’est pas conforme aux indications de l’AMM. Par ailleurs l’absence ou l’insuffisance d’un traitement de fond opiacé (17 % des cas d’abus/ dépendance),condition indispensable, peut conduire à des prises excessives pour combattre la douleur. Cette problématique de la prescription hors AMM et de l’abus persiste, depuis le début du suivi, malgré une communication de l’ANSM en 2013 sur les risques du fentanyl transmuqueux et la nécessité du respect de l’AMM.

FENTANYL TRANSCUTANÉ – patch  (Durogesic) : 2 profils de consommation se distinguent : • recherche d’effets antalgiques (73,8 %) : femmes (60,8 %), avec un âge moyen de 49 ans, qui présentent des antécédents addictifs et/ou psychiatriques (45,6 %), qui sont traitées pour des douleurs chroniques d’origine non cancéreuse (93,2 %) et qui mésusent leur traitement pour la recherche d’effets antalgiques ; • recherche d’effets psychiques positifs autres qu’antalgiques (26,2 %): hommes (81,5 %), avec un âge moyen de 36 ans, qui présentent des antécédents addictifs et/ou psychiatriques (86,9 %) qui obtiennent illégalement (60,0 %) le patch de fentanyl pour la recherche d’effets autres qu’antalgiques. Certains usagers utilisent le fentanyl transcutané comme médicament de substitution aux opiacés, en le détournant de sa voie d’administration ou en l’obtenant par le biais du marché noir. Il est important de rappeler la forte toxicité des patchs de fentanyl avec la survenue de 17 cas de décès en France entre 2010 et 2015.

OXYCODONE (Oxycontin, Oxynorm …) : Son évolution est récente dans les données d’addictovigilance (absence de données dans les outils des CEIP-A avant 2007) avec une augmentation constante du nombre de notifications, et dorénavant sa mention dans tous les dispositifs de surveillance d’addictovigilance. Deux types de profils se distinguent : (1) un abus et une dépendance dans le cadre d’une douleur chronique (non cancéreuse essentiellement) : 70 à 80 % des cas, 60 % d’hommes, moyenne d’âge 40-45 ans ; (2) des sujets consommant pour la première fois l’oxycodone pour un usage détourné sont des hommes jeunes (médiane à 27 ans), une recherche d’effet positif récréatif, des notions d’administration intraveineuse, parfois quotidiennement.

SULFATE DE MORPHINE (Skenan, Actiskenan, Moscontin, Sevredol …) : Depuis plusieurs années, le sulfate de morphine et particulièrement le Skénan® sont détournés de leur usage. Il s’agit d’une dépendance secondaire au sulfate de morphine chez des usagers de drogues, majoritairement masculins, d’une trentaine d’années, injecteurs, l’utilisant à visée récréative ou comme médicament de substitution aux opiacés (auto-substitution) et qui en utilisent de fortes doses (jusqu’à 2 000 mg/j). Plus récemment (depuis 2013), une population de sujets ayant développé un abus/une addiction suite à la prescription de sulfate de morphine comme antalgique émerge (dépendance primaire).

Source : Médicaments Antalgiques Opioïdes – ce qu’il faut savoir, ce qu’il faut faire